7 novembre
Parcours et public vulnérables
Les ateliers
8h45 - Du projet au concret : comment soutenir les femmes monoparentales sans DES dans leur retour aux études ?
Du projet au concret : comment soutenir les femmes monoparentales sans DES dans leur retour aux études ?
Marie Beigas, agente de recherche à l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA)
Crédit photo : Helena Vallès Escolà

Emilie Mouriéras, chercheuse à l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA)

Camille Cimon, agente de recherche à l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA)
L’atelier
L’ICÉA œuvre pour l’éducation des adultes tout au long de la vie. Plus spécifiquement, leur équipe de recherche travaille à la modélisation du poste d’agent·e de terrain pour accompagner les femmes cheffes de famille monoparentale sans DES désireuses de retourner aux études.
Des agent·es de terrain pour soutenir le retour aux études des femmes monoparentales sans diplôme d’études secondaires (DES)
De 2022 à 2024, l’ICÉA a mené une recherche-action visant à expérimenter un dispositif de soutien du retour aux études et de la persévérance scolaire des femmes cheffes de famille monoparentale sans diplôme d’études secondaires (DES). Incarné par des agentes de terrain, le dispositif visait à accompagner les femmes dans la levée des obstacles qui venaient entraver leur projet scolaire. L’expérimentation a eu lieu à Montréal-Nord, et au KRTB (Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata, Les Basques). Grâce à l’expérimentation du poste d’agent·e de terrain, elles ont été en mesure de caractériser le type de suivi qui est le plus pertinent pour soutenir ces femmes.
Depuis janvier 2025, un nouveau volet de la recherche s’organise et vise à modéliser le poste d’agent·e de terrain et à inciter son appropriation par des organismes publics et communautaires volontaires. En complémentarité avec les services existants, l’agent·e de terrain soutiendrait et accompagnerait les femmes cheffes de famille monoparentale dans le processus d’identification et de levée des obstacles qui freinent leur projet de retour aux études et leur persévérance scolaire. Il s’agirait notamment d’aider ces femmes à solliciter des organismes en mesure de lever les obstacles.
Leur participation au congrès de l’AMASQ leur permet de présenter les résultats préliminaires de leur recherche auprès de divers·es acteur·rices de l’éducation et de sonder leur vision sur certains aspects. D’une durée de 90 minutes, l’atelier qu’elles proposent se déroulera en deux temps. D’abord, elles présenteront les premières tendances issues de la collecte de données et inviteront les participant·es à réagir et à manifester leur avis. Elles profiteront également de l’occasion pour questionner les participant·es sur certains aspects de leur recherche qu’elles souhaitent valider.
À travers cet atelier, elles cherchent à ouvrir le dialogue avec les participant·es autour d’aspects de la recherche suscitant des questionnements.
Liens pertinents
Article sur le lancement du volet 3 de la recherche Mère et diplômée
Infographie du rapport de recherche sur l’expérimentation de postes d’agent·e Mère et diplômée
10h30 - Retracer les parcours à l’ère du bulletin unique; un casse-tête!

Geneviève Ménard,
doctorante et assistante de recherche (UQAM); consultante en adaptation scolaire
Geneviève œuvre depuis près de 20 ans dans le domaine de l’éducation, en particulier auprès de jeunes en situation de vulnérabilité. Formée d’abord comme Intervenante, elle a travaillé dans un centre de répit et en foyer de groupe pour adolescentes avant de compléter son baccalauréat en adaptation scolaire et sociale profil secondaire à l’Université du Québec à Montréal, où elle a obtenu son brevet d’enseignement. Elle a travaillé en milieu scolaire auprès d’enfants et d’adolescents présentant des comportements qualifiés de déviants, ce qui a nourri sa volonté d’interroger les pratiques institutionnelles en lien avec les besoins de ces jeunes. Cette réflexion l’a menée à la rédaction d’un mémoire de maîtrise portant sur les pratiques enseignantes auprès des élèves identifiés comme ayant un trouble de l’ordre de la psychopathologie au Québec.
Par la suite, elle est devenue conseillère pédagogique, soutenant les équipes-écoles dans la réponse aux besoins des élèves identifiés comme présentant différentes souffrances psychiques, menant à des problematiques adaptatives ou d’agressivité. Elle y a développé une expertise en différenciation pédagogique et en approche clinique globale, attentive à la « littérature comportementale » exprimée par les jeunes.
Aujourd’hui, chargée de cours à l’UQAM, elle prend plaisir à mettre en oeuvre différentes pratiques d’enseignement pour expérimenter et modéliser à ses étudiants qu’impliquer l’aspect socioaffectif et sortir du cadre permet parfois une meilleure relation a l’apprentissage.
Elle poursuit actuellement son doctorant en éducation et formation spécialisées dans lequel elle s’intéresse aux dynamiques relationnelles impliquées dans la situation éducative entre l’élève, l’enseignant et le savoir.
Geneviève porte un regard engagé et sensible sur l’éducation, animé par le souci constant de voir au-delà des comportements pour reconnaître la valeur et la place de chacun au sein de la société.
Atelier
Ce court atelier participatif invite les intervenants des milieux adaptés de scolarisation, des CJE et des services communautaires à se plonger dans la réalité souvent complexe du parcours scolaire des jeunes non diplômés. À travers le cas fictif d’Alex L., un jeune de 18 ans dont le dossier comprend des bulletins, un plan d’intervention et une lettre d’orientation, les participants seront amenés à décoder les traces administratives laissées par le système éducatif : mentions « MO », codes EHDAA, transitions entre milieux, objectifs ajustés, etc.
L’exercice propose de se mettre dans la peau d’un intervenant qui tente de reconstruire le parcours d’un jeune à partir de documents fragmentés, parfois difficiles à interpréter. Ensemble, les participants réfléchiront aux impacts de ces parcours sur la transition vers la vie adulte, la formation ou l’emploi, ainsi qu’aux défis de communication entre les milieux scolaires et communautaires.
À travers cette démarche, l’atelier vise à sensibiliser à la notion de modification des apprentissages et autres éléments liés à l’organisation du système pour les EHDAA ainsi qu’à renforcer la collaboration intersectorielle pour mieux soutenir les jeunes dans leur cheminement vers la réussite et l’inclusion sociale
11h15 - Démanteler le capacitisme : pour un accès équitable aux études
Démanteler le capacitisme : pour un accès équitable aux études

Maude Chartier-Desjardins, doctorante en sciences de l’éducation (UQAM) et
Chargée de projets – volet recherche (AQEIPS)
L’atelier
Maude Chartier-Desjardins est doctorante en sciences de l’éducation. Sa recherche porte sur le choix pédagogique chez les enseignant.e.s en situation de handicap en milieux de travail sous-adaptés. Formée en pédagogie de l’enseignement supérieur, elle s’intéresse aux dynamiques d’exclusion et d’inclusion dans les milieux académiques et professionnels. Elle est également chargée de projet – volet recherche à l’Association québécoise pour l’équité et l’inclusion au postsecondaire (AQEIPS), dont la mission est de promouvoir et défendre collectivement les droits des personnes étudiantes en situation de handicap au postsecondaire, via des activités, du soutien au plaidoyer, de la recherche et un programme annuel de bourses.
Alors que les élèves en situation de handicap rencontrent déjà de nombreux obstacles au sein du système scolaire, le passage vers les études postsecondaires représente une étape critique, trop souvent marquée par un manque d’information, une inadaptation du milieu et une précarité financière.
L’AQEIPS, fondée par et pour les personnes étudiantes en situation de handicap, œuvre depuis 1991 à la promotion et à la défense collective de leurs droits dans tous les types de parcours postsecondaires (DEP, AEC, cégep, université). Notre équipe constate une hausse considérable des demandes d’intervention au sein des milieux d’études : des enjeux d’accès architectural, de règlements et de pratiques administratives viennent freiner la participation sociale et nécessitent maintes négociations, affectant la motivation et la persévérance des étudiant.e.s.
Malheureusement, certaines personnes étudiantes en viennent à remettre en question leur volonté de poursuivre leurs études et, dans certains cas, se retrouvent démunies et épuisées au point de ne plus se sentir capables de continuer à vivre.
À l’heure où l’accès à l’emploi post-études est tout aussi parsemé d’embûches et marqué par la précarité pour cette population étudiante, il devient impératif que toutes les parties prenantes du milieu scolaire et académique se mobilisent conjointement pour briser les barrières du capacitisme systémique et reconnaître pleinement le droit équitable à l’éducation.
Cette présentation vise à informer et outiller les personnes intervenantes du milieu scolaire tout en valorisant les aspirations, les capacités et les droits des adultes en situation de handicap à poursuivre un cheminement au postsecondaire
